Nous faisons le plein avec les jerricans juste après le départ et nous réalisons que c’est exactement à l’endroit des stands où les F1 font leur ravitaillement.
Entre les ZR, il y a très peu de liaisons. Autant dire que c’est toute la nuit à « vive allure ». il n’y a plus beaucoup de neige, juste quelques pièges sur les versants nord.
Et surtout beaucoup d’épingles très serrées et ça c’est la galère. En effet la voiture a un rayon de braquage trop grand (d’origine ???) et à la sortie, je me retrouve face au mur extérieur avec l’obligation de faire une marche arrière. Il y a la queue derrière d’autant plus que pour cette nuit, les départs on lieu toutes les 30 secondes et pas toutes les minutes. Cela m’a même valu une touchette avec la rallye 3 qui me suivait d’un peu trop près (pas trop de dégâts, juste le pare choc un peu enfoncé).
Dans ces conditions, je pense qu’on arrive à dépasser la fatigue. Je suis en pleine forme mais c’est du à l’excitation et ça c’est peut être dangereux car on perd en raisonnement ce qu’on gagne en réactivité mais en tout cas quel pied !
Et le plus étonnant, c’est le nombre des spectateurs qui sont debout à cette heure et dans ce froid. C’est la fête du vrai sport automobile avec barbecue, musique et tout... Une vraie foule enthousiaste qui applaudit au passage des voitures.
Après cette nuit de folie, le retour à Monaco se fait sans problème à part que ça tire un peu à droite au freinage.
En coupant le contact sur le parc fermé, je ne réalise pas tout de suite que c’est terminé. Nous sommes arrivés au bout. La voiture a souffert, l’équipage aussi mais c’est gagné ! (par contre pas sur le palmarès officiel où nous figurons à la 234ème place). Certaines équipes ont prévu des bouteilles de champagne pour l’arrivée, pas nous mais nous ferons ça après le retour avec tous les copains qui nous ont aidé.
Nous avons une journée devant nous en attendant la soirée
de gala organisée pour la remise des prix.
Nous avons le temps d’admirer la vue de notre balcon.

Nous remettons les pneus normaux pour le retour et là : les plaquettes n’ont plus de garniture. Elles ont fait juste le rallye. Comble de bonheur, nous avons un jeu de plaquettes neuves mais elles doivent être usinées pour s’adapter aux étriers et l’usinage n’a pas été fait au bon endroit. Nous commençons à refaire un usinage avec une perceuse sans fil qui tombe vite en panne de batterie et c’est le propriétaire de la rallye 3 qui nous prête une perceuse à fil (pas rancunier). Nous trouvons une prise dans une boutique pour finir et ça marche.

Le soir, repas gastronomique avec spectacle dans la salle des étoiles pour la remise des prix. Il n’y a pas de dames à notre table et nous sommes tous en Nœud papillon à parler de mécanique et d’adhérence…avec du recul, ça peut paraitre un peu rigolo.
Pour la prochaine fois (j’espère qu’il y aura une prochaine fois), la marge de progression est grande autant pour le résultat que pour le confort (gros freins, chauffage, préparation d’un road book, peut être un gros réservoir et puis une assistance plus mobile).
…Au fait, la grenouille n’a pas vu le prince et elle reste une petite grenouille mais elle est bretonne et quand elle a une idée dans la tête…

